Historique

À la fin des années 40, les chefs de meute réclamaient des autorités du temps, un endroit pour réaliser des camps d’été. Les endroits pour camper dans des chalets étaient de plus en plus difficiles à trouver.

Un projet commençait à se réaliser au Lac Giguère près de St-Jean-de-Piles. Malheureusement, après avoir débuté le défrichage, on a dû revendre ce terrain à la Ville de Grand-Mère qui possédait un droit acquis sur la prise d’eau potable de ce lac.

En 1950, le comité directeur (C.A. du temps) créait un sous-comité composé de trois chefs. Leur mission était de trouver au plus tôt un endroit convenable à l’installation d’un camp permanent et de faire rapport. Toute la région fut passée au peigne fin. Malgré de nombreux voyages, recherches et visites à plusieurs endroits, la fin de l’année 1950 n’avait apporté aucun résultat concluant.

Au cours de l’hiver 1950-1951, un des membres du comité de recherche, monsieur Jérôme Jacob, apprend qu’un cultivateur de St-Louis-de-France a décidé de vendre sa terre. Celle-ci est située à deux milles du village dans le Rang des Chenaux. L’extrémité sud-ouest de cette terre borde la rivière St-Maurice, où du haut d’un promontoire, on peut admirer les sinuosités de la rivière et les beautés de la rive opposée encore à l’état sauvage.

Par la même occasion, confirmation est faite de la vente de la terre voisine du côté ouest, propriété très pittoresque et intéressante pour un camp de jeunes, la maison ayant déjà été convertie en club de réception.

Un ruisseau à truites sert de ligne de séparation entre ces deux terres. Le propriétaire du club, pour sa part, serait intéressé à se porter acquéreur de cette terre, avec l’intention de barrer le ruisseau pour créer un lac artificiel, ce qui agrémenterait de beaucoup l’environnement.

En y réfléchissant bien, la même situation en sens inverse par rapport au barrage pourrait convenir à tout autre acheteur de la terre Marchand; mais la terre Dugré n’est pas à vendre. Le rapport explicatif est transmis au comité directeur avec la mention « Ça presse!!! ».

Cependant, il semble difficile de concilier immédiatement les esprits. Chacun préfère y réfléchir car pour un maigre budget les marchés sont de taille.

L’hiver continue, les jours allongent et bientôt on se retrouve à la fin d’avril et la nature commence à s’éveiller. L’abbé Jules Bettez, alors aumônier diocésain des Louveteaux, rapporte au comité directeur une triste nouvelle. Il a appris que la terre Marchand a été vendue. Les espoirs du comité s’évanouissent; personne ne semble savoir qui s’en est porté acquéreur.

La déception n’est cependant pas de longue durée. Celle-ci se change en espoir quand on apprend que l’acquéreur n’est nul autre qu’un membre du comité, monsieur Jérôme Jacob, qui possédait déjà deux lots sur la terre Marchand et qui avait cru que demain, il serait trop tard.

Sans hésitation cette fois, le comité directeur consent à faire l’acquisition de la partie nécessaire de cette terre qui constituera, pour le moment, la partie principale du Domaine. Le président, monsieur Sylvio Carignan et le commissaire monsieur Frédéric Poliquin sont chargés de conclure la transaction avec l’acheteur intermédiaire pour le même montant qu’il avait payé.

3

Maintenant, c’est le temps de commencer les démarches pour l’obtention de la terre voisine appartenant autrefois au cultivateur Dugré. Messieurs Laurent Paradis, commissaires, Henri Ferron, trésorier et Maurice Patry, aumônier diocésain ne sont pas des moins enthousiastes. C’est à eux, en tant que responsables du futur camp de jeunes, que revient la charge d’offrir au propriétaire du club, une visite de bon voisinage.

Point n’est besoin d’être devin pour savoir que la jeunesse, ça court, ça crie, ça fait des grands jeux, des feux de camp et une foule d’activités qui sont de nature à déranger ceux qui cherchent la paix et la tranquillité. Ce n’est pas sans efforts que nos délégués parviennent à trouver des arguments propres à convaincre le propriétaire que son club est dans un environnement peu enviable et qu’il vaudrait mieux pour lui de s’en départir en faveur des jeunes, d’autant plus qu’il avait compris lui-même l’impossibilité de barrer maintenant le ruisseau. Vers la fin de mai, cette deuxième transaction est conclue et les meutes seront reçues pour leur camp.